Objectifs

La Chaire de recherche du Canada en économie sociale étudie l’innovation sociale produite dans l’économie sociale, dans le but de mieux comprendre son rôle dans les transformations sociales de la société.

Chercher à cerner la place et le rôle de l’économie sociale dans les transformations sociales oblige à conceptualiser l'innovation sociale. Outre leurs résultats empiriques, la Chaire de recherche du Canada en économie sociale veut contribuer au renouvellement des approches théoriques pour l’analyse de l’économie sociale et à la conceptualisation de l'innovation sociale.

L'absence d'une définition formelle de l’économie sociale, la variété de ses champs d’application, la diversité des problématiques d’intervention, son ancrage plus ou moins prononcé dans les politiques publiques, et son inscription inégale dans le marché, posent défi à la lisibilité de ce qui fait la cohérence de l’économie sociale (Bouchard, 2002). Il s’agit en ce sens d’un domaine sous-théorisé. L’ancrage disciplinaire du domaine d’étude de l’économie sociale oblige à l’aborder dans une perspective interdisciplinaire, combinant des théories sociologiques (comme les approches des mouvements sociaux), des courants de l’économique (comme ceux de la régulation et des conventions), et des théories des organisations (comme celle de la complexité). Les axes de recherche de la Chaire favorisent le croisement des approches, contribuant au dépassement de leurs limites respectives pour aborder l’économie sociale.

La Chaire de recherche du Canada en économie sociale poursuit deux grands objectifs :

  • rendre compte de l’innovation sociale (Lévesque, 2002 ; Conseil de la science et de la technologie, 2001) produite dans l’économie sociale et ainsi de mieux comprendre sa place et son rôle dans les transformations sociales
  • contribuer au renouvellement des connaissances en matière d’innovations sociales.

Les travaux de la Chaire se concentrent sur deux principaux terrains d’étude :

  • celui des services de proximité : logement communautaire, aide domestique, cuisines collectives, centres de la petite enfance, etc.
  • et celui des services collectifs : les services de soutien au développement tels les institutions financières et les fonds de développement, mais également les dispositifs issus des politiques publiques ou sectorielles de développement de l'économie sociale, tels les groupes de ressources techniques, les corporations de développement économique communautaire, les fédérations, etc.

La Chaire vise également à colliger des données sur l’économie sociale dans le but d’en dresser un meilleur portrait et de le mettre en perspective avec les innovations techniques, sociales, organisationnelles dans d’autres secteurs de l’économie. Ce projet s’inscrit dans les travaux du Consortium sur l’innovation, les performances et le bien-être dans l’économie du savoir (CIBL’ES), qui regroupe des chercheurs de trois centres universitaires d’excellence (CIRPÉE, CIRST, CRISES), de cinq chaires de recherche du Canada : sur la gestion des technologies, sur les enjeux socio-organisationnels de l’économie du savoir, sur l’économie sociale, sur la dynamique des marchés du travail et sur l’histoire et la sociologie des sciences ; de quatre chaires institutionnelles de recherche : en gestion des produits dérivés, en gestion des compétences, en transformation des entreprises des biotechnologies, en performance et gouvernance ; et de deux observatoires, des sciences et technologies et en gestion stratégique des ressources humaines.